Surveillance après la greffe
L'intervention chirurgicale, qui dure 2 à 4 heures, consiste à placer le nouveau rein ("greffon") au dessous des reins malades, en réunissant les vaisseaux du greffon à ceux du malade et l'uretère à la vessie. Les reins malades, qui ne fonctionnent plus, sont en effet laissés en place, à moins qu'ils puissent être un élement de complications (infection, hypertension artérielle), auquel cas il auront été enlevés avant la greffe, lorsque le sujet est sous dialyse.
Après l'intervention, le sujet est mis, pour une semaine environ, en chambre "protégée" pour éviter le risque infectieux. Les consignes d'hygiène sont strictes, et les visiteurs -en nombre limité- devront s'habiller comme dans une salle d'opération.Pendant quelques jours, le greffé devra supporter la sonde mise dans la vessie et les nombreuses perfusions intra-veineuses nécessaires pour apporter les médicaments et maintenir l'équilibre biologique. En effet, dès les premières heures de sa mise en place, le rein greffé se met à fonctionner, et souvent la quantité d'urines est très importante du fait d'un excès d'eau ("hyperhydratation") mal corrigé et sous estimé pendant que le malade était traité par dialyse.Parfois cependant, le rein greffé, surtout lorsqu'il a été prélevé sur un cadavre, ne fonctionne pas immédiatement, et quelques séances de dialyse peuvent être nécessaires en attente de sa reprise.
Le malade pourra sortir de l'hôpital vers la 3° semaine. Il sera suivi régulièrement en consultation : une fois par semaine pendant les 3 premiers mois, puis à un rythme plus espacé et adapté à son état. Le régime alimentaire, qui a pu être très contraignant pendant la dialyse, devient libre, ce qui est ressenti par tous les sujets comme une délivrance; on fera cependant attention à éviter une prise de poids excessive, favorisée par les médicaments, surtout les corticoïdes. Par contre, le nombre de médicaments à prendre par la bouche tous les jours est souvent important; de même, les examens de laboratoire pour contrôler le fonctionnement du greffon et la bonne dose des médicaments (dosage de la ciclosporine ou tacrolimus) devront être faits très régulièrement.Ce sont de nouvelles contraintes auxquelles le transplanté devra se plier : les échecs de la greffe, avec reprise en dialyse, sont dus pour près de 50% des cas à une mauvaise observance du traitement et à un suivi insuffisant.