MALADIES RENALES
| La plupart
des maladies rénales peuvent détruire de manière
irréversible les différentes structures de vos reins,
donc d'évoluer vers l'Insuffisance Rénale Chronique
(IRC). Les
causes ("étiologies") les plus fréquentes
sont les glomérulonéphrites (inflammation
des reins souvent d'origine infectieuse), le diabète
sucré, et l'atteinte des vaisseaux
par l'hypertension artérielle.
Les autres causes sont les malformations (reflux
vésico-urétéral), les calculs du rein, les maladies
héréditaires (reins polykystiques) et certaines
maladies générales.
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Les maladies glomérulaires avec atteinte du filtre rénal appelé
"glomérule".
- Les glomérulonéphrites primitives sont les plus
nombreuses. Le terme primitif signifie que l'on ne
connaît pas avec certitude leur cause. Elles peuvent
être la suite d'une néphrite aigüe survenant après
une angine. Mais le plus souvent elles débutent
insidieusement, le sujet ne ressent rien, et la maladie
rénale n'est découverte qu'à l'occasion d'un examen
systématique des urines qui révèle la présence de
protéines ("albuminurie") et de globules
rouges ("hématurie microscopique").Il faut
alors identifier les sous-groupes de glomérulonéphrites
en pratiquant un prélèvement par "ponction biopsie
rénale", qui permet d'examiner sous le microscope
le minime fragment de tissu rénal. En effet, tous ces
sous groupes n'ont pas la même rapidité d'évolution (
de 2 à 30 ans) et certaines d'entre elles peuvent
bénéficier de traitements qui retardent l'évolution.
- Les maladies glomérulaires liées à des maladies
générales bien identifiées. La plus importante est
le diabète sucré : de nombreux diabétiques
présentent, après plusieurs années d'évolution, une
ateinte diffuse des petits vaisseaux de l'oeil, du coeur,
et surtout des glomérules du rein, réalisant la
"glomérulosclérose" diabétique. On doit
citer également le lupus érythémateux, et
surtout l'amylose, due à une infection
chronique comme la tuberculose et fréquente dans les
pays en voie de développement.
Les néphropathies
interstitielles sont dues à une atteinte
prédominante du tissu interstitiel qui forme la trame de soutien
entre les néphrons.
- L'infection
urinaire est la grande pourvoyeuse. On sait
qu'elle est fréquente, surtout chez la femme. Ces
infections, dues le plus souvent à un colibacille (
"Escherichia coli"), sont généralement sans
gravité, car elles restent localisées à la vessie où
elles provoquent simplement une inflammation
("cystite") qui guérira facilement. Mais si
l'infection survient sur des voies urinaires qui se
vident mal, les bactéries se multiplient facilement,
remontent jusque dans les reins où elles donnent une
"pyélonéphrite". L'obstacle à l'écoulement
des urines peut être anatomique (cacul, grosse prostate,
rétrécissement inflammatoire ou cancéreux), ou être
une gêne fonctionnelle par une malformation, comme le
reflux vésico-urétéral fréquent chez l'enfant.
L'évolution vers l'IRC est souvent très lente, entre 10
et 40 années. Elle peut-être retardée par une
traitement chirurgical associé au traitement
anti-infectieux. Des progrès considérables ont été
réalisés, surtout chez l'enfant où la correction
précoce des malformations permet d'enrayer l'évolution
chronique.
- Le tissu interstitiel peut également être atteint par
des produits toxiques, d'origine professionnelle
(plomb, cadmium) ou surtout médicamenteuse
(phénacétine,ciclosporine).
Les néphropathies
vasculaires
- L'hypertension artérielle est une maladie
fréquente, qui touche près de 10% de la population.
Elle peut être une conséquence d'une maladie rénale.
Mais dans 90% des cas, elle survient sans cause précise
et elle est dite "essentielle". La trop forte
pression artérielle pendant de nombreuses années
aboutit à léser la paroi des vaisseaux, surtout ceux
des reins, du coeur et du cerveau. L'IRC témoigne alors
de l'atteinte rénale due à l'hypertension artérielle.
Cette "néphroangiosclérose" survient surtout
chez les sujets âgés : l'hypertension artérielle se
manifeste en général vers 40 ans, et il faut environ 20
années d'élévation de la pression artérielle mal
contrôlée pour provoquer l'atteinte rénale. Ce type
d'IRC pourrait être considérablement réduit si tous
les hypertendus étaient correctement traités.
- La sténose ( = rétrécissement) des artères
rénales par une plaque d'athérome peut entrainer
une hypertension artérielle "secondaire", la
mauvaise irrigation des reins et l'élévation de la
pression conjuguant leurs effets pour entrainer la
destruction du tissu rénal, parfois accélérée par un
fragment de cholesterol qui se détache de la paroi en
entrainant une embolie.
Les maladies
constitutionnelles : Les
reins et les voies urinaires peuvent être le siège de
malformations, dont certaines peuvent être héréditaires. La polykystose rénale est la plus
fréquente.
Fréquence des étiologies
La fréquence des étiologies se répartit
approximativement de la manière suivante :
- maladies glomérulaires : 30 %, dont 10% pour le
diabète sucré
- néphropathies interstitielles : 25%
- néphropathies vasculaires : 20%
- néphropathies constitutionnelles : 15%, dont 10%
pour la polykystose
- causes indéterminées : 10%
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Ces pourcentages varient selon les pays. Les causes
infectieuses (angines, infection urinaire, tuberculose) restent
encore les plus fréquentes dans les pays en voie de
développement, permettant d'espérer des progrès dans la
prévention de l'IRC. Dans les pays industrialisés on note au
contraire l'augmentation de l'incidence du diabète sucré et des
néphropathies vasculaires du fait du vieillissement de la
population.Ce facteur explique l'augmentation continue de
l'incidence annuelle des nouveaux malades nécessitant un
traitement pas dialyse, ( 80 malades / million d'habitants en
France), des différences génétiques et démographiques pouvant
expliquer l'incidence plus importante dans d'autres pays (200
malades / million d'habitants aux Etats-Unis).
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public"