Donneur

1. Les reins prélevés chez les sujets en état de mort cérébrale, ou "reins de cadavre", fournissent la majorité des transplantations effectuées dans le monde.La mort cérébrale est une condition relativement rare où une atteinte aigue du cerveau (accident vasculaire cérébral, ou traumatisme cranien lors d'un accident de la circulation) entraine sa destruction irréversible, alors que le coeur continue à battre pendant encore quelques heures, délai qui pourra être utilisé pour prélever l' organe à transplanter.L'activité de prélèvement est organisée par la loi de bioéthique de 1994 qui a maintenu le principe du consentement présumé : "le prélèvement d'organes peut être envisagé dès lors que la personne n'a pas fait connaître, de son vivant, son refus d'un tel prélèvement". Par ailleurs, "si le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté du défunt, il doit s'efforcer de recueillir le témoignage de sa famille". La mise en oeuvre récente d'un registre national de refus de prélèvement devrait permettre de diminuer le pourcentage (environ 30%) des refus opposés par des familles mal informées de ces difficiles problèmes

2. Les reins prélevés chez des donneurs vivants sont utilisés dans 5% ( France) à 25% (Etats-Unis) et 40% ( Norvège) des transplantations effectuées, pourcentages variables en fonction des données socio-culturelles de ces pays. L'insuffisance du nombre de reins de cadavre par rapport au nombre de malades dialysés inscrits sur les listes d'attente explique la tendance actuelle à recourir plus volontiers à ce type de donneur.Ce sont en général des membres de la famille, "donneurs vivants apparentés"qui se proposent comme donneur : père, mère, frères, soeurs, cousins.L'extension aux donneurs vivants non apparentés est admise quand il s'agit d'un des conjoints; elle doit être strictement réglementée pour éviter les dérives à motivations financiaires.

Les avantages de ce type de greffe sont de meilleurs résultats à long terme, une diminution du délai d'attente, une diminution du coût du traitement. Il faut naturellement que le donneur potentiel soit bien informé des risques qu'il va courrir : non pas risque vital au cours de l'intervention, mais possibilités de complications comme après tout acte chirurgical (infection de la paroi, hématome, complications pulmonaires, douleurs résiduelles), rencontrées dans environ 10% des cas, sans oublier l'arrêt de travail qu'implique l'ablation d'un rein. En revanche, le risque de voir apparaître à moyen et long terme une atteinte du rein restant n'est pas noté dans les études faites sur les sujets ayant donné un rein avec un recul de 20 à 30 années

La décision d'accepter ou non le don d'un rein à partir d'un membre de la famille implique naturellement un bilan médical strictement normal. Des entretiens répétés avec le sujet sont nécessaires pour évaluer ses motivations, lui expliquer les risques, et s'assurer que le don est fait en dehors de toute pression de l'entourage.Si le sujet paraît hésitant, il sera préférable de ne pas le retenir.
En France, la loi précise que le donneur, dûment informé, doit exprimer son consentement devant le Président du tribunal de Grande Instance, et que le donneur ne peut être une personne mineure (ou majeure faisant l'objet d'une mesure de protection légale).

3.Une réglementation est nécessaire. Par exemple en France, les lois de bioéthique de juillet 1994 relatives l'une au respect du corps humain, l'autre au don et à l'utilisation des éléments et produits du corps humain, ont tracé le cadre réglementaire dans lequel travaille l'Etablissement Français des Greffes, qui est chargé d'organiser l'activité de transplantation. La complexité de la "chaine" menant au prélèvement implique une excellente coordination entre les différents équipes mobilisées. Cette coordination est effectuée par un médecin, ou plus souvent par une infirmière coordinatrice dont le rôle est essentiel.

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