L'abord vasculaire conditionne l'hémodialyse. En effet, pendant la séance de dialyse, le sang du malade, aspiré par une pompe, est amené au dialyseur, puis, une fois épuré dans le dialyseur, il est restitué au malade. Pour que la dialyse soit efficace, il faut que le débit sanguin soit au minimum de 250 ml/min : cela signifie qu'en 2O minutes, la majeure partie du sang du malade sera passée à travers le rein artificiel. Pour transporter de telles quantités de sang, le malade doit disposer de vaisseaux d'un diamètre important et d'abord facile pour pouvoir être ponctionné de manière répétée trois fois par semaine. Comme ce vaisseau n'existe pas chez un sujet normal, il fallait créer artificiellement un moyen permettant un accès au système sanguin.
La mise au point par Scribner en 196O des canules artério-veineuses en teflon et silastic a permis de réaliser le premier accès vasculaire permanent, indispensable pour l'utilisation itérative de la dialyse. Invention décisive pour le traitement de l'insuffisance rénale chronique, ce "shunt" externe n'est plus actuellement utilisé, remplacé par une fistule artério-veineuse qui va créer un shunt interne, ou dans les cas difficiles par un pontage artério-veineux utilisant une autogreffe ou du matériel synthétique. Le rôle de l'infirmière est important pour diminuer l'incidence des complications de l'abord vasculaire.