SYNDROME NEPHROTIQUE
Le syndrome néphrotique se définit par
- protéinurie > 3 gr/24h
- hypoprotidémie < 60gr/l
- hypoalbuminémie < 30 gr/l
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Les examens complémentaires confirment les perturbations
protidiques avec élévation des alpha et bêta-globulines,
diminution des gamma-globulines, augmentation du fibrinogène, de
la vitesse de sédimentation, baisse de la calcémie.
Les oedèmes , objectivés par une prise
de poids, sont en général cliniquement évidents : de type
rénal (blanc, mou, indolore, gardant le godet), déclives
(prédominant le matin au niveau des paupières, dos des mains,
lombes, le soir au niveau des membres inférieurs), parfois
massifs avec atteinte des séreuses (transudat). Leur
physiopathologie fait intervenir deux facteurs, qui peuvent du
reste se succéder dans le temps chez une même malade, rendant
leur individualisation souvent difficile :
- une hypovolémie est notée dans les S.N.
massifs, avec hypoalbuminémie < 20 gr/l, surtout chez
l'enfant, et à la phase d'installation des oedèmes.On
retient alors le schéma traditionnel d'une modification
de l'équilibre de Starling au niveau des anses
capillaires : hypoalbuminémie-----> baisse de la
pression oncotique des protéines -----> augmentation
de l'ultrafiltration du liquide plasmatique vers le
secteur interstitiel----->
hypovolémie----->stimulation du système
rénine-angiotensine et de la sécrétion d'hormone
anti-diurétique-----> accentuation de la rétention
hydro-sodée.Dans ces cas, la perfusion d'albumine
déclenche une excrétion sodée et une disparition des
oedèmes.
- une diminution de l'excrétion tubulaire du sodium
: une volémie normale, parfois même augmentée, est
notée dans les S.N. installés à la phase d'état, avec
hypoalbuminémie moins massive, surtout chez l'adulte.
L'activité rénine plasmatique et l'aldostéronémie
sont adaptées à la volémie, normale ou à la limite
inférieure de la normale, et les pressions oncotiques
intravascualires et interstitielles de l'albumine
s'équilibreraient. La diminution de l'excrétion du
sodium serait alors due à des désordres des enzymes qui
interviennent sur la réabsorption-excrétion tubulaire
du sodium.
Les complications
du syndrome néphrotique :
- les thromboses sont la complication majeure des
S.N., survenant dans environ 20% des cas. Parfois
artérielles (chez l'enfant, intracardiaques et
pulmonaires), surtout veineuses dans tous les
territoires. La thrombose des veines rénales peut être
symptomatique (hématurie, douleur lombaire, insuffisance
rénale), ou révélée par une embolie pulmonaire, ou
encore silencieuse recherchée par une exploration
radiologique, la moins invasive étant l'IRM montrant
l'image de la thrombose.Ces accidents thrombo-emboliques
, en rapport avec une hypercoagulabilité corrélée à
l'hypoalbuminémie, mettent en jeu :
- des anomalies de synthèse et d'excrétion des
nombreuses protéines en jeu dans la coagulation
: déficit en anticoagulants naturels
(antithrombine III, protéine S), excès en
protéines de la coagulation : facteur
V,VIII,fibrinogène (synthèse hépatique accrue)
- des anomalies des fonctions plaquettaires
- des phénomènes d'activation intrarénale de la
coagulation
- des facteurs favorisants : hypovolémie,
corticothérapie
- L'hyperlipidémie est pratiquement constante, et
le sérum lactescent de S.N. est connu depuis longtemps.
L'augmentation du taux de cholesterol est précoce,
supérieure à 3gr/l chez plus de la moitié des
patients, avec élévation des VLDL et baisse du HDL, et
s'accentue lorsque le S.N. s'aggrave. L'augmentation des
triglycérides est moins importante. Cette dyslipémie
s'expliquerait par une augmentation de la synthèse
hépatique des lipoprotéines (l'hypoalbuminémie, avec
baisse de la pression oncotique, stimulerait la synthèse
hépatique d'albumine et de lipoprotéines, sans que le
mécanisme exact en soit élucidé). Actuellement on
retient plus volontiers une diminution du catabolisme du
cholesterol avec ralentissement de la cascade conduisant
à la dégradation des VLDL en LDL due à une diminution
de l'activité de la lipoprotéine-lipase. Enfin, la
lipurie expliquerait la fuite urinaire d'HDL . On notera
que le rôle athérogène, en particulier le risque
coronarien, de ces troubles reste discuté.
- Les complications infectieuses du type
pneumonies, péritonites, surinfection des oedèmes avec
cellulite, sont devenues rares, facilitées par
l'hypogammaglobulinémie. Les infections virales peuvent
être facilités par les corticoides et les
immunosuppresseurs.
- Une dénutrition, par fuite protidique
prolongée, peut se rencontrer au cours de S.N. peu
accessibles aux traitements habituels (diabète,
amylose), pouvant conduire à une exclusion rénale
(diurétiques mercuriels, embolisation).
- L'insuffisance rénale aigue , parfois notée
lors de l'installation brutale d'un S.N., est le plus
souvent de type fonctionnel en rapport avec une
ischémie, et elle disparait sous corticothérapie. Sa
survenue au décours d'un SN déjà installé doit faire
suspecter une thrombose des veines rénales.
- La fuite urinaire d'hormones liées aux
protéines n'a en général aucune conséquence . Il
existe une fuite de thyroxine T4, mais le sujet reste
euthyroidien avec un rapport T3/T4 et un taux de TSH
normaux. De même pour la vitamine D avec fuite de
calcidiol mais taux normal de calcitriol (le calcium
total est diminué du fait de l'hypoalbuminémie, mais le
calcium ionisé est normal).
- La persistance de la protéinurie est un
marqueur d'un pronostic péjoratif, l'évolution vers
l'insuffisance rénale chronique est d'autant plus rapide
que la protéinurie persistante est plus importante.
Etiologies
enfant : SN
primitif par GN à lésions glomérulaires minimes
dans la grande majorité des cas
adulte : * SN
secondaire dans 30% des cas : diabète, LED, amylose,
etc
* SN primitif dans 70% des cas,
dont environ 1/3 GN extramembraneuse,1/3 GN avec
hyalinose segmentaire et focale,15% GN à
lésions glomérulaires minimes
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Traitement symptomatique
:
- oedèmes : pendant la période où le syndrome
oedémateux est important on recommandera :
- restriction sodée à 3 gr de Na par jour
- diurétiques de l'anse, à doses souvent plus
importantes du fait de l'hypoalbuminémie qui
entraine une diminution de l'apport du
diurétique lié à l'albumine
- activité physique modérée
- hyperlipidémie : l'intérêt d'une restriction
alimentaire n'est pas prouvé; l'utilisation de statines
semble devoir être de plus en plus recommandée
- protéinurie : la diminution de la pression
intraglomérulaire entraine une réduction de
l'excrétion des protéines, d'où l'idée, en cours
d'évaluation, d'utiliser les inhibiteurs de l'enzyme de
conversion.
- risque de thrombose : le traitement préventif
(antivitamine K) ne semble recommandé qu'en cas de
facteurs de risques avérés (obésité, alitement,
hypoalbuminémie massive), et particulièrement s'il
s'agit d'une glomérulonéphrite extra-membraneuse.
L'administration d'héparine pour une thrombose
constituée devra être prolongée jusqu'à la rémission
du syndrome néphrotique.
- vaccinations : le syndrome néphrotique survient à un
âge où les vaccinations ont été déjà faites. Si
elles doivent être envisagées, on évitera de les
réaliser pendant la phase de corticothérapie à doses
importantes.