GLOMERULONEPHRITE MEMBRANO-PROLIFERATIVE
La glomérulonéphrite membrano-proliférative (GNMP) est, dans sa forme idiopathique, une glomérulopathie chronique relativement rare, survenant surtout entre 8 et 30 ans. Elle est souvent secondaire à d'autres maladies, en particulier les maladies à immuns complexes.
Lésions histologiques : les termes de GN mésangiocapillaires, mésangioprolifératives, pariétoprolifératives, ou encore lobulaires, parfois utilisés résument les lésions histologiques qui la définissent : d'une part une prolifération des cellules mésangiales, d'autre part un épaississement de la membrane basale dû à un dépôt de complexes immuns sur son versant interne ou à son intérieur. On décrit 3 types de GNMP :
Signes cliniques : la GNMP est inaugurée par un syndrome néphrotique impur dans la moitié des cas, parfois par un syndrome néphritique aigu qui régresse incomplètement avec persistance d'une insuffisance rénale, souvent par la simple association protéinurie non sélective et hématurie microscopique et/ou macroscopique. Dans les semaines qui précèdent on remarque souvent des épisodes d'infection des voies aériennes supérieures, volontiers à streptocoque. La remarquable diminution de fréquence des GNMP "idiopathiques", passant en une vingtaine d'années de 20% des glomérulonéphrites chroniques aux 2%-5% actuels, s'explique naturellement par l'antibiothérapie systématique de ce type d'infections.
La baisse du complément total hémolytique CH50 et du C3 caractérise les GNMP. Elle est notée dès les premiers examens chez les 3/4 des malades, permanente chez la moitié, parfois fluctuante, sans qu'il y ait de corrélation avec les signes cliniques. L'activation du complément se fait par la voie classique dans le type 1, par la voie alterne dans le type 2. Dans ce dernier cas, la diminution du complément est due à une augmentation du catabolisme de C3 du fait de la présence dans le sérum d'une IgG appelée C3 nephritic factor (C3NeF) : autoanticorps qui, en se liant à l'enzyme (C3 convertase de la voie alterne) qui normalement scinde le C3 en C3a et C3b, provoque une dégradation continue de C3.
Etiologie : GNMP secondaires : des lésions de GNMP sont notées dans de très nombreuses maladies :
- maladies autoimmunes : LE, Sjögren, polyarthrite rhumatoïde,déficit en C2
- infections chroniques : bactériennes (endocardite infectieuse, suppurations viscérales chroniques,shunt infecté)
- virales : hépatite B, hépatite C (cryoglobulinémie type II)
- parasitose : shistosomiase, paludisme
- maladies hépatiques : cirrhose,déficit en alpha-1-antitrypsine
- rejet chronique au cours d'une transplantation rénale
- phase de guérison du syndrome hémolytique et urémique
- syndrome d'anticorps antiphospholipides circulants
- nephropathie associée à une greffe de moëlle,
- nephropathie radique
- drépanocytose
Pathogénie : le système du complément joue un rôle important dans l'élimination des complexes immuns, et par ailleurs l'activation du C3 conduit aux fragments terminaux du système, C5 à C9, doués d'activité pro-inflammatoire et cytolytique. Par analogie avec le modèle expérimental de maladie sérique, on peut penser que la GNMP de type 1 est due au dépôt sur la face interne de la paroi du capillaire glomérulaire de complexes immuns formés par un anticorps dirigé contre un antigène probablement de nature bactérienne ou virale: on peut également imaginer que l'antigène se fixe ("antigène planté") sur la basale et entraîne la formation in situ de complexes immuns. Pour la GNMP de type 2, on a invoqué un trouble primitif de synthèse ou dégradation de la membrane basale : dans les cas de récidives après transplantation, on note en effet l'apparition de la lésion caractéristique avant tout dépôt de C3, et les anomalies du complément ne seraient que secondaires.
Traitement :
| Levin A. : Management of membrano-proliferative glomerulonephritis : Evidence-based recommendations. Kidey Int. 1999,55 (suppl. 70):S41 |