NEPHROANGIOSCLEROSE BENIGNE

La néphroangiosclérose bénigne (NASB) est une atteinte rénale associée à une hypertension artérielle, favorisée par des facteurs individuels, en particulier génétique.

Pathologie

La NASB se caractérise par une atteinte des artères de moyen calibre et des artérioles, à laquelle s'associe une atteinte non spécifique des glomérules et du tissu interstitiel. Macroscopiquement, la taille des reins est normale, ou légèrement diminuée de manière symétrique. Les deux principales lésions sont l'hypertrophie/épaississement intimale avec rétrécissement des lumières vasculaires et la hyalinose artérielle :

L'atteinte glomérulaire associée est non spécifique : hyalinose complète de glomérules reflètant une ischémie, ou hyalinose segmentaire et focale avec glomérules élargis reflétant le modèle de l'hypertrophie-hyperperfusion sur réduction néphronique, (en particulier chez les sujets de race noire).

L'atteinte tubulo-interstitielle, avec atrophie tubulaire et fibrose interstitielle peut être importante, pouvant conduire à des diagnostics erronés de néphrite interstitielle "primitive". Il est possible qu'intervienne un mécanisme immunologique: l'ischémie entraînerait une altération de l'expression des antigènes à la surface des cellules épithéliales.

Etiologie

Diagnostic

Le cas typique est celui d'un sujet hypertendu, d'âge moyen, chez lequel :

Le fait que l'HTA précède nettement l'atteinte rénale est l'argument diagnostique crucial. En cas de doute, si la biopsie rénale n'est pas pratiquée, ce qui est souvent le cas, le diagnostic de NASB ne doit pas être fait trop facilement. Il est en particulier important de penser à 2 autres causes d'HTA avec insuffisance rénale : la néphropathie ischémique et la néphropathie athéro-embolique, toutes deux marquées par une HTA plus sévère ou résistante, d'apparition récente, avec une détérioration plus rapide de la fonction rénale; le diagnostic différentiel est important car dans ces 2 cas l'insuffisance rénale peut être réversible par un traitement approprié. Une néphropathie sous-jacente, en particulier diabétique, doit également être éliminée.

Evolution

Le rôle de la NASB comme cause d'insuffisance rénale chronique est controversé, mais est probablement faible comme le montre le petit nombre de sujets présentant une HTA essentielle et qui évoluent, en l'absence de facteurs de risque, vers l'insuffisance rénale chronique. Différentes études, avec un temps d'observation entre 5 et 7 ans, évaluent le risque entre 0,2% et 2%, selon les critères d'évolution retenus.

Cependant, dans l'épidémiologie de l'insuffisance rénale chronique terminale, le pourcentage de sujets présentant une "néphroangiosclérose" est de plus en plus important : 25% aux Etats-Unis, 22,5% dans la plus récente série française.

Plusieurs arguments ont été proposés pour expliquer le paradoxe entre le faible risque d'HTA essentielle d'évoluer vers l'IRC et ce nombre pourtant élevé de sujets dialysés dont la maladie est étiquetée comme une NASB :

Traitement

La probabilité d'atteinte rénale est proportionnelle au degré d'HTA. On admet que le risque est aboli lorsque le traitement a ramené le chiffre de la pression diastolique < 90 mmHg, qui est la cible tensionnelle habituellement retenue, cible encore abaissée dans le cas particulier de la néphropahtie diabétique. Parmi les différents antihypertenseurs, les IEC gardent la vedette

Cependant, chez un certain nombre de sujets, l'insuffisance rénale progresse malgré le contrôle satisfaisant de la pression artérielle. On invoque des facteurs génétiques , ou plus simplement le fait que les sujets pourraient avoir une maladie rénale due à une autre étiologie, ayant son propre potentiel évolutif, mais aggravée par l'hypertension artérielle, ce qui pose le problème de la réalité du diagnostic de NASB, trop souvent "fourre tout" de la néphrologie.