TROUBLES DU POTASSIUM

(D.Fries, mars 2001)

Le contenu de l'organisme en potassium est d'environ 3000 à 4000 mmol (50 mmol/kg), dont 98% sont situés dans le liquide intracellulaire. La concentration intracellulaire de potassium est d'environ 140 mmol/l, alors que celle du plasma est de 4 mmol/l (entre 3,6 et 5 mmol/l). Cette distribution est l'inverse de celle du sodium, dont la concentration intracellulaire est basse (10 mmol/l) alors que celle du plasma est haute (140 mmol/l). Cette répartition est le fait d'un transport actif de cations en dehors de la cellule sous l'action de la pompe Na-K-ATPase de la membrane cellulaire qui exporte 3 ions sodium en échange de 2 ions potassium : ce phénomène ubiquitaire a un rôle fondamental dans le maintien des concentrations constantes du Na et K cellulaires. Le rapport des concentrations de potassium de part et d'autre de la membrane cellulaire tient sous sa dépendance la valeur du potentiel de membrane, élément essentiel de l'excitabilité et de la contraction musculaire, en particulier cardiaque.

Chez le sujet normal, en cas d'augmentation aigue des apports alimentaires de potassium (normalement entre 50 et 150 mmol/j), l'organisme s'adapte : 40% de la charge passent dans le compartiment cellulaire, et 50% seront excrétés dans les urines en 4 à 6 heures. En cas d'augmentation chronique, l'excrétion urinaire augmente, la sécrétion de potassium étant beaucoup plus stimulée que lors d'une charge aigue. En cas de restriction d'apport, l'organisme est moins bien protégé contre le risque d'hypokaliémie.

Ce maintien de la concentration plasmatique de potassium est régulé à 2 niveaux :

Homéostase extra-rénale qui, à court terme, régule les transferts entre les compartiments intra et extra cellulaire, et l'activité de la pompe Na-K-ATPase est influencée par plusieurs facteurs :

Régulation rénale, à long terme : la plus grande partie du potassium filtré par le glomérule (environ 700 mml) chaque jour est réabsorbée dans le tube contourné proximal (70% , par voie intercellulaire passive) et dans la branche ascendante de Henlé (25%, par voie transcellulaire, par l'intermédiaire d'un cotransporteur apical Na-K-2Cl, figure 1); cette réabsorption est peu adaptable. L'excrétion urinaire du potassium est donc principalement déterminée par une sécrétion assurée par les cellules principales du tube collecteur cortical et du tube collecteur médullaire interne, par l'intermédiaire de canaux situés dans la membrane apicale,eux-mêmes influencés par l'activité de la Na-K-ATPase basolatérale (figure 2). Cette sécrétion tubulaire sera stimulée par plusieurs facteurs :

 

Facteurs stimulant la sécrétion tubulaire de potassium Facteurs inhibant la sécrétion tubulaire de potassium
Hyperkaliémie

Augmentation de la sécrétion d'aldostérone

Augmentation du Na délivré au tube distal

Augmentation du débit urinaire

Alcalose métabolique

Déplétion potassique

Diminution de la sécrétion d'aldostérone

Diminution du Na délivré au tube distal

Diminution du débit urinaire

Acidose métabolique

 

 

  • Alpern R.J. : Potassium, physiology and pathophysiology. ASN, september 2000.www.hdcn.org
  • Paillard M., Houillier P. : Bilan de potassium et kaliémie, in Physiologie rénale et désordres hydroélectrolytiques. Hermann ed. Paris 1992, 304 p.
  • Rose B.D., Rennke H.G. : Anomalies du bilan du potassium, in Physiopathologie des affections rénales et des désordres hydroélectrolytiques.Pradel ed.Paris 1995,375 p.