OEDEMES LOCALISES - OEDEMES GENERALISES

Oedèmes localisés

Ils résultent d'un déséquilibre entre la filtration du fluide et le retour lymphatique, ce déséquilibre étant confiné à une région localisé ou à un lit vasculaire. Il est facilement reconnaissable : limité à une zône du corps, asymétrique, souvent accompagné par d'autres modifications telles que rougeur, chaleur, douleur, pigmentation, ne se déprimant pas à pression du doigt.

Les causes locales sont :

Le diagnostic des oedèmes localisés ne pose en général aucune difficulté, et son traitement dépend du traitement de la maladie sous-jacente.

Oedèmes généralisés :

Ils sont le reflet d'une perturbation du métabolisme du sodium, au cours de laquelle le rein retient le sodium avec création d'une balance positive, même en l'absence d'une atteinte structurelle du parenchyme rénal.

Les oedèmes généralisés sont blancs, mous, "gardant le godet", indolores, bilatéraux et symétriques, sans aucun caractère inflammatoire. Leur traduction clinique correspond à une prise de poids qui dépasse 2-3 kgs. Discrets, ils se signaleront par une gêne à mobiliser une bague ou par le marquage des vêtements sur le corps; plus importants, ils prédominent aux parties déclives, chevilles, jambes, région lombaire en cas d'alitement. Il peuvent être massifs, gênant la marche, correspondant à une prise de poids de 5 à 20 kgs, parfois plus, s'accompagnant d'épanchement des séreuses (plèvre, péritoine, péricarde), le liquide étant un transsudat pauvre en cellules avec concentration protéique < 10 g/l ; l'association de plusieurs épanchements séreux réalise un état d'anasarque.

L'hémodilution avec diminution de l'hématocrite et de la protidémie est inconstante. La natrémie est normale dans les états d'hyperhydratation extracellulaire pure; elle est abaissée dans les cas d'hyperhydratation globale par rétention rénale non iso-osmotique d'eau liée à la sécrétion excessive d'hormone antidiurétique.

Le site de formation des oedèmes dépend du lieu où prédomine l'augmentation de la pression hydrostatique capillaire. Par exemple, dans les néphropathies et l'insuffisance cardiaque congestive, l'expansion généralisée du volume vasculaire entraine une élévation diffuse des pressions intracapillaires : on pourra observer des oedèmes périphériques, une ascite, un oedème pulmonaire. Au contraire, dans l'insuffisance ventriculaire gauche isolée, l'oedème peut se limiter au territoire pulmonaire, et dans la cirrhose hépatique l'augmentation de la pression veineuse débute au niveau des sinusoïdes hépatiques à l'origine d'un passage dans la cavité abdominale.

Dans les cas avancés, où le diagnostic différentiel entre origine cardiaque ou hépatique peut se poser, l'estimation de la pression veineuse, soit par l'étude de la veine jugulaire externe, soit éventuellement par la montée d'un cathéter droit, sera utile :