NEPHROPATHIES TOXIQUES
D.Fries, mise à jour avril 2004
De nombreux produits chimiques sont potentiellement néphrotoxiques. Certains produits sont à l'origine d'intoxications aigues, accidentelles ou volontaires (suicides, homicides) et entraînent une insuffisance rénale aigue avec nécrose tubulaire aigue: solvants organiques (tétrachlorure de carbone, trichloréthylène, éthylène glycol), poisons (insecticides, herbicides du type paraquat, champignons, venins); ils ne sont pas envisagés ici. En effet, l'usage fait que le terme de néphropathies toxiques recouvre essentiellement les conséquences d'une exposition prolongée, voire chronique, à tel ou tel produit. Bien que toutes les structures rénales puissent être touchées, ces néphropathies toxiques sont en majorité des néphrites tubulo-interstitielles, car le tissu interstitiel et les tubes sont des structures particulièrement vulnérables du fait de l'accumulation préférentielle des toxiques dans la médullaire et de l'hypoxie et de l'hypoperfusion qui y règnent.
Diminution du flux sanguin rénal et de la filtration glomérulaire
Nécrose tubulaire aigue
Néphropathie interstitielle aigue
Tubulopathie
Vascularites d'hypersensibilité
Obstruction tubulaire
Microangiopathie thrombotique
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L'atteinte rénale est souvent prévisible lorsque les règles de bon usage ne sont pas suivies, beaucoup d'accidents étant dus à l'action directement toxique du produit sur le parenchyme rénal, essentiellement les différents segments tubulaires, mais aussi les glomérules et les vaisseaux. Ce problème a pris une importance particulière lorsque certaines statistiques ont montré que près de 20% des insuffisances rénales aigues étaient la conséquence d'un toxicité médicamenteuse. Mais la survenue d'un néphropathie médicamenteuse peut être non prévisible, suggérant un mécanisme immuno-allergique, stigmatisé par une réaction "inflammatoire" du tissu interstitiel.
Les arguments suivants sont en faveur de tel ou tel mécanisme (d'après M.Godin et J.P.Fillastre) :
Arguments en faveur de la nature toxique de la néphropathie médicamenteuse:
Arguments en faveur d'un mécanisme immuno-allergique de la néphropathie médicamenteuse
La physiopathologie des néphropathies médicamenteuses immuno-allergiques est mieux comprise grâce à de nombreux protocoles expérimentaux. Schématiquement deux catégories d'antigènes peuvent être en cause : * antigène rénal endogène, qui peut être un composant de la membrane basale tubulaire ou une protéine synthétisée par les cellules tubulaires : ce modèle suggère que le médicament, ou un des ses métabolites, agit directement sur l'antigène rénal, modifiant son antigénicité; * antigène non rénal, c'est à dire des protéines qui ont été trappées ("plantées") dans le tissu interstitiel.Dans les protocoles expérimentaux, la réponse est soit du type immunité cellulaire, soit du type humorale; chez l'homme, la plupart des cas induisent une réponse du type immmunité cellulaire : sur les biopsies rénales, les dépôts d'anticorps anti -membrane basale tubulaire sont rares, et les lésions sont essentiellement faites d'infiltrats de cellules T, parfois organisés en granulome.
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