PRISE EN CHARGE DES DIABETIQUES AVEC INSUFFISANCE RENALE

A partir du moment où l'irréversibilité de l'insuffisance rénale de la ND est établie, il ne faut pas attendre pour envisager avec le patient les mesures à prendre, en pratique à partir d'une clairance de la créatinine à 30ml/min. Des "règles de bonne pratique clinique" très complètes ont été récemment édictées, dont celles concernant plus précisément le néphrologue sont ici résumées.

1. Déterminer le type de diabète

Si les antécédents ne sont pas clairs (date du début du diabète, de l'insulinothérapie ?) il n'est pas toujours facile de typer le diabète : un diabétique de type 1 relativement âgé et corpulent a pu au début de sa maladie passer quelques mois sans insuline et être classé type 2, et plus rarement un malade de type 2 insulinotraité et peu corpulent peut être classé comme type 1. Or cette discrimination est importante en vue des décisions à prendre en ce qui concerne une transplantation. On pourra avoir recours aux marqueurs du diabète de type 1 : accessoirement typage HLA, mesure des anticorps anti-GAD (glutanic acid decarboxylase), surtout mesure du peptide C qui < 0,60 ng/ml signe le manque d'insuline.

2. Gérer l'équilibre glycémique

3. Choix de la méthode de dialyse

Hémodialyse et dialyse péritonéale donnent des résultats comparables en matière de survie des patients, en rappelant que les décès d'origine cardiovasculaire sont trois fois plus fréquents chez les diabétiques que chez les non diabétiques. Par contre la survie de la technique est inférieure avec la dialyse péritonéale. En dehors des avantages et inconvénients habituels des 2 méthodes , l'état diabétique conduit à souligner les éléments suivants :

 

4. Transplantation

La transplantation rénale est le traitement de choix de l'IRT du patient diabétique, et la transplantation pancréatique peut être proposée à certains diabétiques de type 1.

La transplantation rénale donne une survie des patients significativement supérieure à celle des malades restés en dialyse : 80% à 5 ans et 74% à 10 ans vs 62% et 38%, essentiellement en raison d'une sur-mortalité cardiovasculaire chez les sujets restés en dialyse. Le bilan pré-transplantation (cf. transplantation receveur)devra être particulièrement poussé (scintigraphie au thallium d'effort ou echo de stress, coronarographie) pour évalauer le risque cardio-vasculaire, et plus particulièrement détecter une maladie coronarienne souvent asymptomatique. Après la greffe, le diabète peut être difficile à équilibrer en raison de la prise de corticoïdes. Elle doit être proposée à tous les diabétiques de type 2 indemnes de contre-indications.

La transplantation combinée rein-pancréas permet le retour à l'euglycémie et fait donc disparaître les contraintes du traitement diabétique. Elle prévient la récidive de la néphropathie diabétique sur le greffon rénal. Elle ralentit l'évolution de la neuropathie, mais semble sans effet sur les lésions déjà installées de macroangiopathie ou de rétinopathie. Le fait que la greffe pancréatique isolée soit capable, après 10 années d'euglycémie, de stabiliser et même diminuer les lésions de ND, confirme l'importance du contrôle strict de la glycémie.

Les résultats de la double transplantation progressent régulièrement avec, 5 ans après la greffe, une survie actuarielle du malade supérieure à 80% et une survie du greffon pancréatique de 65% (International Pancreas Transplant Registry 1995).Elle doit être proposée à tous les diabétiques de type 1 âgés de moins de 50 ans, qui ont une espérance de vie estimée à 5 années au moins, dont le risque opératoire (état cardio-vasculaire) est faible, en informant le patient que la greffe de pancréas augmente la morbidité du fait de complications urologiques dues à la technique chirurgicale ( drainage de la sécrétion externe pancréatique dans la vessie via un segment du duodénum) et que le risque de rejet aigu est plus important.

Le tableau suivant donne les résultats publiés par le dernier rapport d'activité de l'Etablissement français des greffes pour l'année 2002.

  Greffon   Effectif  Survie à 1 an  Survie à 3 ans   Survie à 5 ans
  Pancréas        296       81,9%         73,3%      70%
  Rein       296       93,7%        86,1%      80,4%

La greffe d'ilôts de Langherans, peu aggressive, est en cours d'évaluation.

ALFEDIAM : La prise en charge des diabétiques urémiques. Règles de bonnes pratiques cliniques. Diabetes & Metabolism 1999;25:Sup.5