LUPUS ET INSUFFISANCE RENALE TERMINALE
Le pourcentage de malades atteints de néphropathie lupique évoluant vers l'insuffisance rénale terminale est passé de 50% pour les malades de la période des années 1950-1960 à 18% pour les malades de la période 1981-1992. Les facteurs de risque sont : syndrome néphrotique, hypertension artérielle, C3 bas, hématocrite < 26%, classe IV avec indices d'activité > 12, corticothérapie isolée, sexe masculin, race noire, âge < 24 ans, mauvaises conditions socio-économiques.
. Cette évolution est caractérisée par la progressive diminution - pour des raisons mal connues - des signes d'activité, le lupus devenu "inactif" continuant à évoluer vers l'IRC selon le modèle hémodynamique commun à toutes les néphropathies. Cette disparition des signes d'activité en général continue sous dialyse, le pourcentage de malades avec un lupus actif passant par exemple de 55% en début de dialyse à 6,5% à la 5° année et 0% à la10° année, les stigmates biologiques passant de 80% à 22% pendant la même période. Cette inactivation n'est cependant pas toujours notée, la persistance de signes d'activité étant rapportée dans certaines séries, nécessitant la poursuite du traitement immunosuppresseur sous dialyse.
La dialyse, hémodialyse ou dialyse péritonéale, donne des résultats comparables à ceux observés avec les autres catégories de dialysés, sous réserve des complications infectieuses si les immunosuppresseurs n'ont pu être suffisamment abaissés.
La transplantation rénale donne, dans l'ensemble, des résultats comparables à ceux notés dans une population non lupique, quelle que soit l'origine du greffon : le fait que les résultats seraient moins bons lorsque la greffe est faite à partir de rein de cadavre n'a pas été confirmé. Le taux de récidives varie de 1% à 3%, en général sans reprise des signes cliniques extra-rénaux, et sans que les variations du complément sérique ou du taux des anticorps anti-DNA aient une bonne valeur prédictive. Le statut sérologique en pré-greffe ne semble pas influencer les résultats, et la notion selon laquelle un minimum de 12 mois de dialyse avant la greffe est requis, pour que les signes d'activité lupique diminuent, n'est pas confirmé par les récentes séries.
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