COMPOSITION ET FORMATION DES CALCULS
Composition des calculs
(dans les pays industrialisés)
Un calcul est constitué par
- des formations cristallines qui sont de nature
- soit minérale : phosphate de calcium et
magnésium,carbonate et sulfate de calcium
- soit organique : oxalates, acide urique, cystine
- une matrice protéique en faible quantitié (2% à 3% du
poids sec du calcul), faite de protéines(albumine, transferrine,uromucoïde, substance A) et d'hexoses
L'analyse physico-chimique du calcul est
essentielle pour déterminer le type métabolique de la lithiase.
Elle comporte
- une analyse chimique qui précise la composition des
différents ions (calcium, magnésium,
ammonium,oxalate,phosphate,urate,carbonate,cystine)
- une analyse physique :
- radiographie précisant l'opacité aux rayons X ,
qui est fonction du pourcentage d'atomes lourds
dans la molécule: elle décroît des phosphates
calciques (apatite, brushite) aux oxalates
(whewellite, weddelite),cystitine, struvite,
urate acide de calcium; l'acide urique, la
xanthine, les médicaments sont radiotransparents
- loupe binoculaire qui permet une classification
(Reveillaud et Daudon) morphologique
- cristallographie par diffraction aux rayons X,
qui donne des informations sur la composition
moléculaire et cristalline,mais qui ne permet
pas de bien analyser les parties amorphes ou peu
cristallisées du calcul
- microscope électronique à balayage qui permet
l'identification de la plupart des composés,
mais est difficile à utiliser en routine
- spectroscopie infrarouge, technique
rapide, permettant d'identifier tout le matériel
cristallin et amorphe, même de très petits
échantillons, qui devient la technique de
référence, couplée éventuellement à la
nouvelle technique de Raman spectroscopie.
Plus de 80 substances, minérales ou organiques, ont été
identifiées dans les calculs. Les plus importantes sont :
- l'oxalate de calcium est le principal composant noté
dans 60% à 80% des calculs analysés. Il peut se trouver sous 3 formes cristallines : whewellite ou
oxalate de calcium monohydraté, weddellite ou oxalate de
calcium dihydraté plus fréquent chez l'homme, la frome
tri-hydratée étant rarement observée.
- les phosphates de calcium ou magnesium représentent le
2° groupe, dans 10% à 25% des cas selon les séries
- les purines, essentiellement l'acide urique, sont les
composants principaux dans 7% à 15% des cas
Lithogénèse
:Ces techniques ont permis de mieux comprendre les
mécanismes de formation des calculs. A l'état normal, les
nombreux éléments cristallins présents dans l'urine sont
maintenus dans un état soluble par la dilution des urines et
également par la présence de substances inhibitrices de la
cristallisation. Pour qu'une cristallisation se forme et se
développe dans l'urine, il faut que l'urine se trouve dans un
état de sursaturation; cet état de sursaturation dépend de
différents facteurs : concentration ionique des constituants,
pH, force ionique. Le calcul se forme en 3 étapes : *la
nucléation, étape rapide, qui est la formation d'un nucléus
cristallin; *la croissance avec augmentation plus ou moins lente
du volume du nucléus par acrétion de nouvelles molécules;
*enfin aggrégation, qui est l'assemblage de plusieurs nucléus.
La nucléation peut être homogène ou hétérogène s'il existe
une sursaturation pour un autre substrat de cristallisation,
aboutissant à des calculs mixtes.
La croissance des calculs va dépendre de différents
facteurs, souvent associés :
- augmentation de la concentration des substances
lithogènes, soit par une diurèse trop faible (rôle des
facteurs environementaux comme la chaleur), soit par une
hyper-excrétion de calcium, d'oxalate,d'urates (rôle
des facteurs génétiques).
- diminution du pouvoir solvant des urines:
- diminution des inhibiteurs de la cristallisation
: pyrophosphates, citrate,magnésium,
polyanions,néphrocalcine
- pH : l'acidité favorise la sursaturation en
acide urique et en cystine, l'alcalinité celle
des phosphates
- existence d'un obstacle, anatomique ou fonctionnel sur
les voies urinaires.
La croissance des calculs implique que les particules
cristallines ne soient pas éliminées spontanément dans les
urines, donc qu'elles se fixent dans le néphron, jusqu'à ce
qu'elles atteignent une taille supérieure à celle de la papille
(300 µm).L'ancrage du cristal se ferait à la fin du tube
collecteur. On a décrit une adhésion sélective d'un cristal à
la surface apicale des cellules épithéliales, mettant en jeu
des sites cellulaires d'adhésion spécifiques de la nature du
cristal, le nombre de ces sites pouvant être augmentés dans des
conditions d'agression cellulaire, lla lésion pouvant être
entretenue par le cristal lui-même. L'adhésion des cristaux aux
cellules peut être bloquée par compétition avec des anions
solubles, les inhibiteurs de la cristallisation . Dans une voie
de recherche différente, on a invoqué le rôle des
"nanobactéries", capables de produire de l'apatite, et
qui feraient de la lithiase une maladie infectieuse, comme il en
a été de l'ulcère gastrique..