BILAN ET EVALUATION DE L'ACTIVITE DE LA LITHIASE
Les moyens à mettre en oeuvre dans le bilan d'une lithiase dépendent de l'évaluation du caractère "actif" ou non de la maladie.
L'interrogatoire devra préciser
L'examen radiologique est à faire au moindre doute, surtout dans les formes atypiques et devant une crise inaugurale :
La radiographie simple de l'appareil urinaire, avec un cliché de face de D11 à la symphyse pubienne réalisé en position debout et couchée, complétée par un cliché de profil ou de trois quarts, met en évidence les calculs radio-opaques se projetant dans les aires rénales ou sur le trajet des urétères, dont la forme peut être typique triangulaire "en clou de tapissier" ou corraliforme, ou moins évidente ovale ou arrondie difficile à distinguer des phlébolites pelviens. Les calculs radio-opaques sont ceux qui contiennent du calcium (oxalate ou phosphate de calcium, struvite ou carbonate apatite), les calculs de cystine étant faiblement radio-opaques. Tous les autres calculs sont radio-transpoarents :acide urique,xanthine, silice, médicaments.
L'échographie est l'examen à faire en urgence. Elle permet de faire le diagnostic de calculs même radio-transparents d'un diamètre supérieur à 3mm sous forme d'une image hyperéchogène avec un cône d'ombre postérieur. Elle montre l'éventuelle dilatation des voies excrétrices, le retentissement rénal possible, et vérifie l'intégrité des autres organes susceptibles de donner un syndrome abdominal aigu.
L'urographie intraveineuse (UIV) reste l'examen de base dans les cas douteux.
Le scanner est de plus en plus employé, avec une sensibilité de 95% et un spécificité de 98% pour les calculs urétéraux; en particulier le scanner montre l'existence d'un anneau du à un oedème entourant le calcul, permettant ainsi d'éliminer un phlébolithe.
L'opacification directe peut être nécessaire en cas de rein muet : soit opacification descendante après ponction du bassinet sous contrôle échographique, premier temps d'une néphrostomie de drainage, soit urétéro-pyélographie rétrograde.
Les technologies modernes d'endoscopes semi-flexibles permettent une uretero-renoscopie explorant tout l'arbre urinaire.
Examens biologiques : ils sont plus ou moins complexes en fonction des facteurs de risque que l'interrogatoire et le bilan radiologique ont permis d'établir : lithiase récidivante, antécédents familiaux de lithiase, maladie osseuse/intestinale, goutte, infection urinaire, néphrocalcinose.
Dans un premier temps, les examens suivants seront pratiqués systématiquement, devant toute lithiase :
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Le bilan phospho-calcique doit être répété sur 3 jours. Le recueil d'urines doit, si possible, être fait en ambulatoire, car la calciurie augmente en décubitus. Les urines doivent être recueillies dans des bocaux rincés à l'eau distillée et les dosages sont être réalisés dans les 24 heures. Si les urines doivent être conservées, les bocaux seront mis au réfrigérateur après adjonction de 5ml d'acide chlohydrique à 37% pour 2 litres d'urines (suf pour le dosage de citrates et d'acide urique).
Le tableau suivant rappelle les valeurs normales des principaux paramètres urinaires à déterminer dans un bilan de première intention.
| Urines / 24 h | Homme | Femme |
| Calciurie * | < 300 mg (7,5 mmol) | < 250 mg (6,25 mmol) |
| Acide urique | < 800mg (4,8 mmol) | < 750 (4,5 mmol) |
| Citraturie | 450-600 mg (2,3-3,1mmol) | 650-800 mg (3,4-4,2 mmol) |
| Oxalurie | < 45 mg (0,5 mmol) | < 45 mg (0,5 mmol) |
| Créatinine | 20-25 mg/kg (177-221µmol) | 15-20 mg/kg (133-177 µmol) |
| Phosphaturie | fonction des apports | fonction des apports |
| pH | 5 à 5,5 (> 6,5 en post-prandial) | idem |
* : la calciurie normale, par kg/24h, est < 4 mg (0,1 mmol) en régime à 1000mg de calcium, et < 3 mg (0,07mmol) en régime à 400 mg de calcium
Analyse du calcul
La morphologie du calcul donne des renseignements intéressants : couleur, aspect et texture de la surface, examen de la structure interne, en particulier de l'aire de nucléation. La classification de Daudon (1993) définit 6 types, subdivisés en 21 sous catégories, reliées à des conditions étio-pathogéniques. On retiendra :
| type morphologique | composant principal | étiologie principale | caractéristiques |
| I | whewellite | hyperoxalurie | brun, très dur |
| II | weddellite | hypercalciurie | jaune-brun, peu dur |
| III | acide urique | pH acide | gris à orange,dur |
| IV | struvite+carbapatite | bactéries uréasiques | blanchâtre à brun,peu dur |
| V | cystine | tubulopathie héréditaire | jaune à brun, dur |
| VI | protéines,médicaments,etc. | médicaments,infection,IRC | brun pâle à fonçé,hétérogène |
La composition exacte du calcul, souvent après tamisage des urines, sera déterminée par un examen par spectroscopie infrarouge ou Raman.
| Pak C.Y.K. : Medical management of nephrolithisasis : a new simplified approach for general practice.Am.J.Med.Sci 1997;313:215 |