LITHIASE RENALE
D.Fries, mise à jour avril 2004
Les plus anciens calculs ont été trouvés dans des squelettes datant du Chalcolithique et dans des momies égyptiennes de plus de 5000 ans. Les données de l'Antiquité et du Moyen Age montrent que la lithiase était fort répandue, mais sa répartition a considérablement changé. En Europe, avant le XX° siècle, il s'agissait avant tout de lithiase vésicale, atteignant les enfants de sexe mâle. La lithiase vésicale est devenue très rare, notée chez l'homme âgé atteint d'affection prostatique, et actuellement la lithiase urinaire est devenue une lithiase rénale, calice ou papille. De même la composition des calculs a beaucoup changé, l'acide urique et le phosphate de calcium laissant progressivement la place à l'oxalate de calcium, vraisemblablement du fait des modifications des habitudes alimentaires. Une même tendance peut être notée dans les pays non industrialisés, avec une baisse du nombre de lithiases vésicales.
Bien que différente selon les régions, la prévalence de la lithiase rénale augmente : 8% aux Etats-Unis, 3,5% à 5% en Grande Bretagne (mais 9% chez les sujets > 70 ans), 6% en Suède, 7% des sujets > 65 ans en Allemagne. En France, les enquêtes épidémiologiques effectuées en Bretagne (P.Simon) donnent des chiffres analogues, évaluant donc à 3 millions la population de lithiasiques.
La composition des calculs est très variable, plus de 80 constituants ayant été identifiés, et la lithogénèse est un processus compliqué : la sursaturation des urines reste le phénomène de base, calcium, oxalate,acide urique étant souvent mêlés, et les perturbations du pH sont essentielles à détecter. Mais la maladie lithiasique est probablement plus complexe, maladie génétique ?, maladie des membranes des cellules épithéliales ?, maladie infectieuse ?, etc....
Les manifestations cliniques, colique néphrétique et hématurie, doivent conduire à des examens radiologiques et à un premier bilan biologique simple. On peut se poser la question de l'utilité de ces bilans pour une affection qui chez de nombreux sujets garde un caractère de bénignité. La réponse soit cependant être positive : d'une part la lithiase rénale peut être la maladie de toute une vie, et après une première crise de colique néphrétique 15% des sujets récidiveront à 1 an, 35% à 5 ans , la moitié à 10 ans et les 3/4 à 20 ans; d'autre part, et en dehors du désagrément de la crise douloureuse, certaines lithiases sont graves, avec un risque de complications infectieuses et d'évolution vers l'insuffisance rénale. Actuellement, un consensus existe sur le fait que tout lithiasique doit avoir, à un moment quelconque de sa vie, et de préférence dès la première crise douloureuse, un bilan à la recherche d'une cause curable, en tout cas maîtrisable. Par exemple, dans la lithiase calcique, la plus fréquente, l'évaluation des facteurs de risque est essentielle pour distinguer la lithiase simple de la lithiase "active", d'autant que de nombreuses possibilités thérapeutiques sont actuellement disponibles pour en contrôler l'évolution. De plus, la lithiase urique et la lithiase cystinique sont "médicalement curables", à l'encontre de la lithiase infectée (struvite) qui relève de la chirurgie.
Les nouvelles techniques du traitement urologique de la lithiase rénale, auquel 10% à 20% des malades seront encore obligés d'avoir recours, sont actuellement bien codifiées, et ont considérablement simplifié le traitement.
Cependant, les facteurs environnementaux prennent une place de plus en plus importante à l'origine de la maladie : leurs constantes modifications font de la lithiase rénale une affection en perpétuel renouvellement.
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