EPIDEMIOLOGIE

(version révisée novembre 2001)

L'IRC terminale, nécessitant une prise en dialyse, a en France une incidence de 100 nouveaux malades par an et par million d'habitants. Sa prévalence est d'environ 630 malades par million d'habitants, avec schématiquement  25.000 dialysés et 10.000 transplantés. L'incidence  augmente d'environ 8% par an du fait du vieillissement de la population, de l'accroissement  du nombre des diabétiques de type II et des néphropathies vasculaires.

L'épidémiologie de l'IRC varie considérablement d'un pay à l'autre. Ce chiffre de 100 est proche de la moyenne de onze pays européens publiée en 1995 :119/millon d'habitants, avec de fortes disparités : Allemagne 161, Italie 130,Suède 95 et Grande-Bretagne 86/millon. En 1997, cette incidence était de 218/millons d'habitants aux Etats-Unis, probablement du fait que les néphropathies diabétiques et vasculaires y sont beaucoup plus fréquentes.

Les étiologies de l'IRC varient en effet selon les statistiques, les chiffres suivants donnant l'ordre de grandeur généralement retenu :

Causes de l'IRC chez l'adulte

  • Glomérulonéphrites chroniques  primitives                 22%
  • Néphropathies vasculaires                                           15 à 20%
  • Néphropathies interstitielles chroniques                     15 à 20%
  • Néphropathie diabétique (  type II 90%)                     12%
  • Néphropathies héréditaires ( polykystose 10%)         10 à 15%
  • Maladies de système                                                     1 0%
  • Indéterminées                                                                10%        

 

De manière plus précise, la répartition des néphropathies causales chez 1006 adultes pris en dialyse pendant l'année 1998 en Ile de France est la suivante (Jungers) :

Dans cette série, portant sur un total de 1155 adultes, le rapport homme/femme est de 1,6, l'âge moyen des malades pris en dialyse est d'environ 60 ± 16 ans, plus de la moitié des primo-dialysés étant âgés de plus de 60 ans et 22 % > 75 ans.

Les glomérulonéphrites primitives ne sont donc plus la cause la plus fréquente d'IRC, leur rôle ayant diminué du fait de la diminution très significative de certaines d'entre elles, en particulier les GN membrano-prolifératives; les GN à dépôts d'IgA restent les plus fréquentes (7,2%). Le rôle des néphropathies vasculaires, conséquences d'une hypertension artérielle ancienne insuffisamment contrôlée, augmente, surtout chez les hommes, l'association avec une sténose athéromateuse de l'artère rénale devenant de plus en plus souvent observée. La responsabilité des néphropathies interstitielles chroniques tend à diminuer, conséquence des progrès dans le traitement du reflux vésico-urétéral, des obstructions  et d'une meilleure prévention  de certaines néphropathies toxiques, en particulier l'intoxication à la phénacétine. Ces progrès sont contrebalancés par la progression de l'incidence du diabète sucré de type II, et d'une manière générale par le vieillissement de la population.

On notera le pourcentage élevé d'IRC de cause indéterminée. De nombreuses études ont montré que près d'un tiers des malades ne sont vus par un néphrologue qu'à un stade avancé de leur maladie, trop tardivement pour qu'un diagnostic précis puisse être fait, en particulier par biopsie rénale dont l'interprétation exacte devient impossible en cas de lésions très avancées. Cette absence de diagnostic précoce est préjudiciable pour le malade, le privant de possibilités thérapeutiques capables de stabiliser, en tous cas retarder, l'évolution de l'insuffisance rénale. Dans une étude épidémiologique récente concernant l'Ile de France, 36,5% des patients pris en dialyse avaient été adressés au néphrologue moins de 6 mois avant la première dialyse, avec une durée d'hospitalisation de 28 jours du fait de la nécessité fréquente d'une dialyse en urgence, contre 3 jours pour ceux qui étaient suivis en milieu spécialisé depuis plus de 6 mois.

Différents facteurs de risque doivent être soulignés :

L'incidence annuelle de l'IRC est actuellement légèrement supérieure à 100 nouveaux patients par million d'habitants, et elle augmente régulièrement, d'environ 4% par an, surtout chez les sujets âgés. Elle explique l'augmentation régulière du nombre de malades traités par dialyse : par exemple en Ile de France, la prévalence de dialysés est de 433 pmp.

 

Jungers P., Robino C., Choukroun G.,et al : Evolution de l'épidémiologie de l'insuffisance rénale chronique et prévision des besoins en dialyse de suppléance en France. Néphrologie 2001;22: 91